
Bonjour, je m’appelle Kaori KURIHARA et je suis Japonaise.
Cela fait une semaine que le séisme s’est produit au Japon. Pendant la semaine dernière je ne pouvais pas trouver les mots parce que j’étais excessivement choquée. C’est seulement hier que j’ai pu les trouver.
À un moment, je me suis fais du souci pour ma grand-mère qui habite à Tokyo et qui n’avait pas pu rentrer chez elle. Puis j’ai souffert de maux de tête car les secousses secondaires et la pollution radioactive ont continué de frapper le Japon. J’ai vu des images d’un pays complètement transformé, images auxquelles je ne comprenais rien. Je me suis alors demandé pourquoi j’étais ici, si loin du Japon.
Pendant cette semaine j’ai fait tout mon possible pour trouver des informations. À plusieurs reprises, j’ai pleuré puis, je me suis calmée. Cependant, la réalité ne change pas. J’ai habité au Japon pendant plus de 20 ans, je parle la langue japonaise, je connais la culture japonaise et je peux me rappeler le Japon n’importe quand. Je ne suis encore jamais allée à Fukushima ou Sendai, j’y suis seulement passée en train pour me rendre dans le nord du pays. Mais ces endroits sont également le Japon. Il y a beaucoup de personnes et d’animaux là-bas… Les matins et les nuits se sont alors succédé sans que je puisse contrôler les mouvements de mon cœur.
Par contre, j’ai bien perçu les mouvements de l’aide qui n’a a pas de frontières. C’est la plus grande impulsion que j’aie ressenti jusqu’à maintenant. Je suis vraiment heureuse de cette mobilisation. Tout le monde voudrait aider le Japon, simplement, sans tenir compte du passé. Et puis, des personnes de nationalité variée ont la bonté de coopérer à la collecte organisée au CIDEF. C’est vraiment chaleureux.
Cependant, je suis impatiente d’entendre directement des voix à la radio sur internet à la maison. En effet, malgré tout les efforts fournis par chacun, les objets de première nécessité ne peuvent être acheminés immédiatement aux personnes qui en ont besoin.
Quand même, quand même. Je n’ai pas perdu ma famille et aucun membre de mon entourage n’a subi de dégâts. Donc je dois mettre fin à cette agitation. Je dois trouver la force d’être optimiste pour aider le Japon. Je suis ici, loin du Japon, ma famille et mes amis vont bien mais je ne peux pas réaliser ce qui se passe vraiment et je ne peux qu’écrire. Je réfléchis sans cesse à tout cela, j’essaie de « positiver ».
J’ai pris une photo de fleurs d’un cerisier qui a fleuri devant chez moi une journée avant le tremblement de terre. Je repense toujours à cette journée où rien de tout cela ne s’était passé … en regardant cette photo. Mais aussi je pense que je dois, moi, continuer à vivre.